2040 : + 53% d’infirmiers …

La hausse de 53% des effectifs infirmiers d’ici 2040 devrait répondre aux besoins de la population

Les infirmiers seront plus nombreux en 2040. Une étude dévoilée ce 3 mai estime les effectifs à 881 000. Une hausse légèrement inférieure à celle de la population mais qui devrait permettre de répondre aux besoins, y compris ceux des patients les plus âgés. En parallèle, une deuxième étude apporte aussi des éléments sur la démographie médicale.

La Direction statistiques de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié ce 3 mai deux nouvelles études sur les professionnels de santé. La première porte sur la démographie des médecins en 2018 et l’accessibilité géographique aux généralistes (lire l’encadré). La seconde présente les résultats issus du modèle permettant de projeter le nombre d’infirmiers en activité à l’horizon 2040. Selon cette étude, le nombre d’infirmiers augmenterait de 53% entre 2014 et 2040, portant le nombre de professionnels à 881 000, contre 600 000 actuellement. Ce chiffre s’appuie sur un scénario tendanciel, c’est-à-dire qu’il présuppose le maintien de la législation en vigueur et des comportements professionnels.

Une hausse de 39% de la densité infirmière

Cette forte progression du nombre de professionnels serait en outre corrélée à une hausse plus faible de la population française (+10% d’ici 2040, selon l’Insee). “Ce qui entraînerait une hausse de la densité constatée ces dernières années, de 39% sur la période“, détaille la Drees. Ainsi, l’augmentation des effectifs infirmiers répondrait aux besoins, compte tenu notamment du vieillissement de la population. Et pour cause : 15% de la population aura plus de 75 ans en 2040, contre 9% aujourd’hui. Or cette tranche d’âge “consomme” 27 fois plus d’infirmiers que le reste de la population, note la Drees. Le besoin de soins va donc s’accroître fortement. Selon la Drees, les besoins infirmiers augmenteraient légèrement plus que les effectifs, suscitant une baisse modérée de la densité standardisée (-4%).

Par ailleurs, la Drees a également préparé une projection dans le cas de l’instauration de quotas de formation : “Si les quotas étaient fixés à partir de 2018 à un niveau 10% inférieur à celui de 2017 (30 900 places), le nombre d’infirmiers augmenterait entre 2017 et 2040 de 44%, soit 9 points de moins que dans la projection tendancielle.” La densité standardisée d’infirmiers diminuerait ainsi de 10%. Pour stabiliser la densité, au niveau auquel les quotas déjà fixés conduisent en 2020, la Drees suggère d’établir ces quotas à un niveau légèrement inférieur puis les augmenter entre 2023 et 2030 à un rythme moyen de 3% par an, avant de les stabiliser à un niveau proche de 39 000.

Forte hausse de l’exercice libéral

Si l’on s’en tient toutefois au scénario tendanciel, l’âge moyen de la profession infirmière augmenterait de deux ans, passant de 41 ans en 2014 à 43 ans en 2040. L’autre impact de cette évolution concerne les modes d’exercice. En 2040, les infirmiers continueraient d’exercer massivement à l’hôpital, soit 44% de la profession, un chiffre similaire à 2014. L’exercice libéral devrait en revanche se développer et bénéficier des hausses d’effectifs. La part des infirmiers exerçant en libéral devrait ainsi passer de 14% en 2014 à 23% en 2010. Une hausse qui se ferait au détriment des effectifs n’exerçant ni à l’hôpital, ni en Ehpad, mais officiant par exemple dans un centre de santé ou un établissement pour personnes handicapées : ce chiffre passerait de 23% de la population infirmière à 12%.

Téléchargez les études de la DREES :

Drees_médecins_2

Drees_infirmiers_2

 

Source : Hospimedia – Clémence Nayrac

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