Burn-out : vers une reconnaissance comme maladie professionnelle

Le burn-out revient au Parlement

Un rapport parlementaire propose de faciliter la reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle, une demande portée depuis des années par la CFE-CGC qui invite désormais les candidats à la présidentielle à « prendre le relais ».

Les députés Yves Censi (LR) et Gérard Sebaoun (PS) ont présenté le 15 février devant la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale un rapport d’information avec 27 propositions visant à densifier le dispositif public de lutte contre le burn-out (syndrome d’épuisement professionnel) et à favoriser sa reconnaissance comme maladie professionnelle.

En vertu du constat selon lequel « les dispositifs actuels de reconnaissance des accidents du travail et des maladies professionnelles ne sont pas adaptés à la prise en charge des victimes d’épuisement professionnel », le rapport propose, en attendant que le burn-out puisse être compté de plein droit au nombre des maladies professionnelles, « d’améliorer les dispositifs existants et d’évaluer le coût social des pathologies psychiques liées au travail ».

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« Mettre fin à au désastre humain que constitue le burn-out »

La CFE-CGC milite inlassablement depuis des années pour une reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, une pathologie grandissante touchant environ 100 000 personnes selon le rapport 2016 de l’Académie nationale de médecine.

Avec, à la clé, très peu d’indemnisations au titre des maladies professionnelles.

Première organisation syndicale à avoir parlé du stress professionnel et à mettre en lumière le très lourd tribut payé par les populations de l’encadrement à la surcharge de travail, la CFE-CGC se félicite des conclusions émises le 15 février pour « mettre fin à ce désastre humain que constitue le burn-out » dans le privé comme dans la fonction publique.

Concrètement, le rapport parlementaire propose dans un premier temps de mettre en place des mesures de prévention de repérage et de prise en charge rapide des patients.

D’inscrire le thème de la prévention des risques psychosociaux (RPS) dans les négociations obligatoires (loi Rebsamen d’août 2015). Le rapport contrecarre les manœuvres des avocats patronaux en redonnant au médecin du travail la possibilité d’établir le lien entre la pathologie et le travail.

Pour ouvrir la voie à un nouveau tableau de maladie professionnelle, le rapport préconise que les commissions puissent instruire les dossiers à partir de 10 % d’incapacité permanente au lieu de 25 % actuellement. Parmi d’autres propositions figure notamment la création d’un centre national sur la santé psychique au travail.

Si ce rapport constitue indiscutablement une avancée majeure, ce n’est aujourd’hui qu’un rapport… La CFE-CGC invite donc l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle à « prendre le relais » sur ce dossier du burn-out devenu en enjeu social et sociétal prioritaire.

Source : Mathieu Bahuet

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