Le CH Sainte-Marie de Nice craint de perdre deux secteurs de psychiatrie

L’hôpital psychiatrique niçois craint que la réorganisation de l’offre psychiatrique dans les alpes-maritimes ne mettent à mal ses moyens, ses projets et ses effectifs. si l’ars paca confirme travailler à un nouveau schéma territorial en psychiatrie, elle dément toute conséquence néfaste pour l’établissement.

Le CH Sainte-Marie (CHSM) de Nice (Alpes-Maritimes) est en attente d’une décision de l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) qui pourrait modifier profondément son activité et ses ambitions. D’après Philip Vrouvakis, directeur de l’établissement privé à but non lucratif, l’agence s’apprête à leur retirer deux de leurs sept secteurs, dans le cadre du nouveau schéma territorial en psychiatrie du département. « Ce qui, en toute logique, implique la perte de 2/7e de la population couverte et donc de 2/7e de nos financements », soit 17 millions d’euros. Une décision qui, selon le directeur, poserait plusieurs problèmes à l’établissement comme au territoire. « Nous comptons aujourd’hui sept des treize secteurs en psychiatrie des Alpes-Maritimes. La majorité des personnes hospitalisées en psychiatrie dans le département le sont chez nous. La perte de ces deux secteurs implique la prise en charge des patients concernés par les hôpitaux publics, qui sont pour la plupart dans une situation de déficit important. Il n’y aura donc pas de création de postes chez eux », prédit Philip Vrouvakis.

Ce dernier craint de devoir supprimer quatorze emplois à terme et donc de devoir licencier pour éviter les difficultés financières. « Les syndicats partagent la même analyse », constate-t-il. Ces derniers ont d’ailleurs lancé une pétition pour faire pression sur l’ARS. Enfin, Philip Vrouvakis craint que le projet de reconstruction du CH soit mis à mal par la baisse de l’assiette budgétaire impliquée par la perte des deux secteurs.

Pour autant, l’ARS n’a pas encore évoqué le volet économique de cette décision avec la direction, selon Philip Vrouvakis, qui a pourtant le sentiment de s’être fait floué. « Le projet initial, sur lequel nous travaillions avec l’ARS depuis deux ans, était de réduire d’une centaine le nombre de lits et de redéployer du personnel sur le territoire dans le cadre du virage ambulatoire. La perte de deux secteurs reviendrait à réduire les possibilités extra-hospitalières. Nous devions faire la même chose avec moins de lits et finalement nous allons faire moins de choses avec moins de lits », déplore-t-il. En plus des lits supprimés pour un virage ambulatoire qui n’aura pas lieu, la perte des deux secteurs implique, selon lui, celle de 120 lits supplémentaires.

L’ARS nie toute réduction de moyens, de l’offre et de l’emploi

Pour l’ARS, les craintes du CHSM relèvent de l’extrapolation. « Au contraire, une amélioration de la couverture des besoins psychiatriques de la population des Alpes-Maritimes est prévue dans le cadre d’un projet départemental de prise charge en santé mentale reposant sur un accroissement des moyens, sans recommandation de réduction d’effectifs », affirme-t-elle dans un communiqué. Concernant le projet immobilier, elle précise qu’il est « envisagé, à travers un dossier transmis au premier semestre 2016 […] à la DGOS pour le Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins (Copermo), une reconstruction-modernisation d’un montant estimé à ce jour à plus de 100 millions d’euros, avec une aide de l’État et le soutien de l’ARS Paca ».

L’ARS n’infirme ni ne confirme pour autant souhaiter retirer deux secteurs de psychiatrie au CHSM. Son directeur général, Paul Castel, a toutefois dénoncé fin septembre dans Nice Matin une « situation aberrante » dans le département, de par l’absence de schéma territorial pour la psychiatrie et une « organisation héritée du passé, avec un seul hôpital psychiatrique, Sainte-Marie, sur sa colline ». D’après Paul Castel, une consultation des différents établissements des Alpes-Maritimes, dont le CHSM, a été lancée dès 2015 pour aboutir à un schéma territorial cohérent. Celui-ci sera présenté à la fin de l’année mais ne devrait en aucun cas, selon le directeur général de l’ARS, menacer l’emploi au CHSM.

Bruno Decottignies

Source : Hospimedia

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