Concertation sur le télétravail un premier pas pour moderniser le dispositif

La CFE-CGC en appelle désormais à l’ouverture d’une négociation nationale interprofessionnelle.

A l’issue d’une concertation rondement menée, les partenaires sociaux ont remis au gouvernement un rapport dressant un bilan des pratiques et des nouveaux enjeux afin de faire évoluer le télétravail.

Les organisations syndicales de salariés et patronales ont remis le 7 juin dernier un rapport sur le développement du télétravail et du travail à distance accompagné d’une lettre d’intention commune à la ministre du travail, Muriel Pénicaud.

Fruit de plusieurs mois d’une concertation efficace unanimement saluée, ce rapport dresse un bilan partagé des pratiques et définit de nouveaux enjeux : clarification des règles juridiques, articulation entre télétravail régulier et occasionnel, organisation du temps de travail, droit à la déconnexion, impact sur l’encadrement de proximité…

Objectif : moderniser un dispositif qui gagne du terrain et trouve un écho de plus en plus favorable dans l’opinion publique et auprès des salariés, notamment chez les cadres.

Deux tiers des salariés se déclarent en effet aujourd’hui intéressés par la possibilité de télétravailler. Selon diverses sources, le taux de télétravailleur varierait de 2 % à 6 % pour le télétravail encadré par un avenant au contrat de travail, « mais il est probablement de l’ordre de 16 à 20 % pour le télétravail informel », selon le rapport.

Jean-François Foucard : « Redonner de la perspective sur le télétravail »

« Nous avons voulu redonner de la perspective sur le télétravail, résume Jean-François Foucard, secrétaire national CFE-CGC. Nous avons identifié les freins organisationnels et législatifs qu’il faudrait lever, idéalement dans le cadre d’une future négociation nationale interprofessionnelle. »

Ces avancées sont nécessaires puisque de nombreuses entreprises freinent encore des quatre fers pour mettre en place le télétravail. « Il y a beaucoup de « télétravail gris » qui se fait à la tête du client dans l’entreprise, sans accord ni avenant au contrat de travail, souligne Jean-François Foucard. La mise en place du télétravail nécessite donc un accord collectif spécifique au sein de l’entreprise et doit être ouvert à tout le personnel si le travail le permet et si le salarié est suffisamment autonome. »

La CFE-CGC moteur et force de propositions

Moteur sur toutes ces problématiques, la CFE-CGC rappelle qu’il est indispensable de trouver le bon équilibre entre la souplesse dans l’organisation de son travail et le nécessaire maintien d’un collectif de travail.

Autres points de vigilance : la mesure de la charge mentale de travail et la formation des acteurs dans la mise en place opérationnelle du télétravail. S’agissant de la santé des salariés, la CFE-CGC s’oppose au fractionnement des temps de repos, proposant notamment de négocier une plage de travail élargie qui permette le fractionnement du temps de travail.

A l’issue d’une concertation qui va dans le bon sens et dont elle approuve les conclusions, la CFE-CGC réitère son souhait de voir s’ouvrir une négociation interprofessionnelle sur le télétravail. Si l’agenda social est certes des plus copieux en ce début de quinquennat, le sujet mérite incontestablement un traitement à la hauteur des enjeux et des attentes des salariés.

 Source : Mathieu Bahuet

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