Croix Rouge Française : plus de 3800 infractions

L’inspection du travail relève plus de 3 800 infractions au siège de la Croix-Rouge française

 

Suite aux alertes de la CFE-CGC sur des dysfonctionnements concernant les heures supplémentaires des salariés du siège de la Croix-Rouge, l’inspection du travail a effectué début mars une visite de contrôle. Les conclusions du rapport relèvent plus de 3 800 infractions.

3 345 dépassements de la durée maximale quotidienne de travail (10 heures), 291 dépassements de la durée maximale hebdomadaire (48 heures), 58 dépassements de la durée maximale hebdomadaire sur douze semaines (44 heures) et 129 privations du repos quotidien minimal (11 heures)… c’est le constat dressé par l’inspection du travail lors de sa visite de contrôle du 4 mars dernier au siège de la Croix-Rouge française (CRF). Les inspecteurs ont étudié l’intégralité des relevés des heures effectuées — hors convention de forfait — pendant l’année 2014. La direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation du travail et de l’emploi (Dirrecte) a donc demandé — dans un rapport de 206 pages — que cessent immédiatement “ces dysfonctionnement, préjudiciables à la santé physique et mentale” des salariés. Et aussi de “réparer financièrement le préjudice causé à ces derniers par cette organisation du travail illégale, dangereuse et pathogène”.

inspection du travail à la croix rouge française

 

Métiers d’urgence et Croix-rouge

Dans un communiqué daté du 31 mai — et tout particulièrement en réaction à un article publié par Le Parisien évoquant les conclusions de l’inspection —, la direction du groupe s’explique sur la problématique des heures supplémentaires. “Il s’agit d’une situation à laquelle la Croix-Rouge française est malheureusement confrontée depuis de nombreuses années” et d’ajouter que cela est lié “à l’identité même de la Croix-Rouge et à sa mission : sauver des vies !”. Ou encore qu'”au niveau du siège ce sont les directions métiers d’urgence qui sont en grande majorité concernées…” Dans cette communication du groupe, il n’est pas question du coût des infractions, ni du départ du directeur général de la CRF Stéphane Mantion, suggéré par Le Parisien. Contactée par Hospimedia, la direction déclare ne “pas faire de commentaire sur ce sujet”.

croix rouge francaise et inspection du travail

Une problématique récurrente

De son côté, Éric Laurent, délégué CFE-CGC, syndicat majoritaire à la CRF, confirme que la problématique des heures supplémentaires est effectivement “quelque chose de récurrent dans le fonctionnement du siège”. Il ajoute que son syndicat a alerté la direction sur ce sujet pendant plus de deux ans, avant de se tourner vers la Dirrecte pour “faire régulariser la situation des salariés“, ce qui a entraîné ce contrôle. Les infractions au Code du travail relevées ne l’étonnent pas en soi dans la mesure où “différentes alertes avaient été réalisées par les salariés auprès notamment de la médecine du travail”, déclare-t-il. Toutefois, les chiffres délivrés par l’inspection ont dépassé les prévisions de son syndicat. Par ailleurs, Éric Laurent estime que dans les services administratifs concernés par ces dysfonctionnements, deux directions métiers — soit celle de l’urgence et du secourisme et celle des relations et des opérations internationales — sont effectivement dépendantes de critères d’urgence. Il souligne que sur l’ensemble des salariés (480) une très grande majorité (340) est concernée par les infractions relevées par l’inspection. Deux réunions devraient se dérouler, selon lui, à la fin du mois pour négocier avec la direction les indemnités que vont recevoir les salariés pour le préjudice subi. Il se dit également inquiet par rapport au projet de la direction de modification de son organisation dit “optimisation” qui préconiserait la concentration de certains effectifs. Ce projet était porté par le groupe avant le contrôle de l’inspection du travail.

Lydie Watremetz

Source : Hospimedia

 

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