Droit du Travail – François Hommeril confie sa vision de la société de demain.

Droit du travail – François Hommeril était à Marseille LE 3 juin

C’est fort de 6500 voix supplémentaires en Provence Alpes Côte d’Azur, soit une hausse de 24% par rapport à la précédente mesure de l’audience syndicale il y a 4 ans, que François Hommeril, élu il y a tout juste un an à la tête de la CFE-CGC, était en visite hier à Marseille, pour y rencontrer notamment une centaine de militants dans le cadre de la refonte de l’organisation territoriale de la centrale représentative des cadres, agents de maîtrise et techniciens.

Le patron de la CFE-CGC dont l’audience s’élève à 10,67 % soit 1,24% de plus qu’en 2013 (10,2 % en PACA, + 1,34%) devait aussi être reçu hier soir au Ministère du Travail par Muriel Pénicaud.

Quel message comptez-vous faire entendre sur la réforme du Code du Travail annoncée par le nouveau gouvernement ?

Le contenu de ce projet, comme celui de la Loi El Khomri est daté ; on part du principe que s’il y a du chômage c’est parce que le Code du Travail n’est pas adapté ! On est dans le pur fantasme. Il est faux de penser que lorsqu’un patron embauche il se demande combien ça va lui coûter s’il doit licencier, et que cette difficulté de rupture de contrat constituerait un frein à l’embauche.

Pour nous, les vrais freins sont la mobilité géographique et des compétences dans le projet de carrière. Dans l’industrie, certaines filières ont besoin de renouveler leur population et ne trouve pas les profils recherchés. C’est pourquoi nous prônons un « dialogue social territorial », permettant de regarder de près ce type de problèmes, avec les collectivités.

Nous lançons une opération de très grande ampleur. L’exécutif confédéral va se rendre dans les 13 régions afin de faire évoluer l’organisation pour la rendre la plus opérationnelle sur le terrain. Pour nous la territorialisation ne s’arrête pas au discours : nous devons avoir des militants disponibles pour l’action syndicale et le dialogue social dans les territoires.

Vous pointez aussi la fusion des instances représentatives du personnel ?

C’est une imposture ! D’abord ces instances ont des histoires différentes : le Délégué du Personnel a été créé en 1936, le Comité d’Entreprise en 1945, puis 1969 dans sa forme aboutie, le CHSCT (Comité d’Hygiène et de Sécurité) en 1983. Leurs missions, leurs publics et leurs ordres du jour son différents : les fusionner c’est jeter le trouble. La CFE-CGC imagine plutôt une nouvelle instance, qui permette de faire participer les salariés aux orientations stratégiques des entreprises, ça peut être une condition de validité des accords signés.

La notion de flexibilité est dangereuse à vos yeux ?

On nous parle de 4 accords passés dans les grands groupes mais l’objet de la Loi ce n’est pas ça, c’est la dérégulation dans de petites entreprises notamment sur les salaires. Il s’agit de faire évoluer la norme sociale vers le moins disant. Bientôt, on verra les directeurs de services achats venir rencontrer les entreprises avec des accords clés en main pour faire baisser le prix des produits en faisant payer cela par les salariés. Les chefs d’entreprises doivent respecter un certain nombre de normes environnementales notamment, par contre on considère possible qu’ils dérogent aux normes sociales ! C’est incroyable.

Vous avez eu un premier contact avec le Président Macron. Vous êtes prêt à aller jusqu’où pour contester la réforme du droit du travail qu’il porte ?

Je l’ai rencontré mardi puis nous avons vu en délégation le Premier Ministre et la Ministre du Travail et je tiens à souligner le caractère positif d’écoute dont nous avons bénéficié.

Nous restons en contact avec l’ensemble des organisations syndicales, au niveau national, et pour l’instant la mesure est de mise. L’an dernier, certains sont descendus dans la rue et on a l’exacte mesure de l’inutilité de ces mouvements qui rencontrent rapidement l’impopularité.

A la CFE-CGC, nous sommes plutôt dans la volonté de mobiliser des outils dans le cadre de la concertation. La réforme du travail telle qu’elle est proposée est inefficace, par exemple le plafonnement des indemnités prud’homales est un non-sujet moralement inacceptable. Les 5 organisations représentatives doivent rester ensemble et conserver un point de vue partagé.

Source : La Provence

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