Engagement militant à MARSEILLE : Témoignage

Marseille – le 31 mai 2017

 

membre snc3sAnne-Marie, militante CFE-CGC très engagée, occupe plusieurs mandats régionaux et nationaux : déléguée syndicale de son établissement, conseillère du salarié sur la région de Marseille et négociatrice nationale de la CCN66.

En déplacement sur le territoire PACA, les membres du comité de pilotage Com@ction de la fédération Santé Social ont rencontré des acteurs CFE-CGC de la région.

La présente interview s’inscrit dans un contexte d’observation et la rencontre d’un service fédéral avec les acteurs de terrain d’une région de France. Retour d’expérience.

DJ
Anne-Marie, après plus de 10 années d’expérience sur Marseille, comment vois-tu l’évolution de ton militantisme de terrain ?

AMT
J’ai constaté que la CFE-CGC a pris de la notoriété ; ce n’est plus une inconnue dans la région. Cette évolution est le résultat du travail de l’Union Départementale 13 et l’Union Régionale. Je suis heureuse d’avoir contribuer à l’émergence d’une force syndicale CFE-CGC dans les Bouches-du-Rhône. Et la CFE-CGC Santé Social a pris sa place sur le territoire. Pour nous, il est vital d’être une force de présence face à une CGT majoritairement représentative sur Marseille.

DJ
Quelles ont été les grandes avancées de la CFE-CGC à Marseille selon toi ? Comment faire pour continuer à faire reconnaître la CFE-CGC Santé Social sur ta région ?

AMT
Pour moi Il faut d’abord être à la disposition de Tous. Développer la représentativité de notre secteur Santé Social sur Marseille. J’ai toujours pris le parti de soutenir nos adhérents et nos militants, mais aussi des personnes qui ont simplement besoin d’aide, qui prennent contact avec moi et qui ne connaissent pas la CFE-CGC. Je les reçois à l’UD13 pour parler avec eux et voir ce que la CFE-CGC Santé Social peut faire « avec » eux… et pas que « pour » eux

DJ
En tant que membre actif du Comité de Pilotage Com@ction de la fédération Santé Social, tu sais que sa mission principale est de coordonner les actions militantes entre la fédération et le terrain : En tant que représentante régionale de notre fédération, quels sont d’après toi, les besoins que tu as identifiés sur ton territoire ?

AMT
Les personnes ont besoin de beaucoup d’aide et d’assistance (pas que juridique car, à ce stade, les problèmes sont souvent trop avancés). Ils ont aussi besoin d’outils pour soutenir leurs actions syndicales. Les gens te le disent bien : ils veulent du répondant pour savoir se défendre chez eux. Et c’est ce que le syndicat et la fédé doivent leur fournir.

DJ
Tu évoques l’importance d’avoir du répondant : Quelles actions faudrait-il mener sur le territoire de Marseille pour soutenir cet impératif de répondre aux demandes en ‘live’ de nos militants ?

AMT
Il faudrait les former car nos militants sont des professionnels engagés, mais avec des connaissances très différentes des outils et des tactiques nécessaires pour gérer les situations de dialogue social. D’autant que ces situations sont souvent difficiles, face à des syndicats qui ne laissent rien passer.
Il faut informer nos militants des divers outils en ligne mis à leur disposition sur le site de la fédération Santé Social. Il faut aussi les assister lors de leurs premières réunions de sections syndicales en se déplaçant chez eux. C’est très important d’aider le nouveau Délégué Syndical dans la mise en place de sa section, sur le terrain. On ne peut pas le laisser improviser sur place.

DJ
Donc, pour toi, soutenir, c’est d’abord être au contact du DS de terrain. On sait que cela n’est pas si simple. Que faudrait-il faire pour que cette recette fonctionne ?

AMT
Evidemment, je manque physiquement de temps pour pouvoir répondre à toutes les demandes. Je priorise donc, en fonction de ce que je ressens de la situation des personnes. J’aime bien les recevoir à l’UD de Marseille. C’est un milieu neutre qui libère la parole et c’est aussi très important pour eux de savoir où se trouve « leur » UD. L’Union Départementale, c’est l’outil primordial de proximité pour un syndicat comme le nôtre.

DJ
Dans tes propos, on ressent bien que tu es une experte de ce militantisme de terrain. Penses-tu que le modèle de fonctionnement que tu décris devrait être transposé partout ?

AMT
C’est l’avenir de la CFE-CGC ! Si on existe, c’est grâce au terrain ! Je pense que « si tu n’as pas la base, tu ne peux pas avoir le haut ». Si on pouvait développer le travail de terrain au niveau national et faire que ça fonctionne, il y aurait un vrai lien de tissé entre les territoires et la fédération à Paris : A Marseille, les bureaux parisiens de CFE-CGC étaient inconnus, la base ne travaillait pas avec Paris. Pour la plupart des marseillais, le Syndicat c’était la région. Il y avait une frontière entre les nationaux et les régionaux.

DJ
Et cette frontière qui existe depuis 10 ans, existe-t-elle encore selon toi ?

AMT
A Marseille, non parce que je fais le relais. De plus, le SNC3S, mon syndicat, organise régulièrement des déplacements en région pour se rapprocher du terrain. De fait, les adhérents mettent un visage sur des noms, et le lien se créé naturellement.

DJ
Comment as-tu franchi cette frontière ? Serais-tu en train de nous dire que le secret qui permettrait de mettre en lien le régional et le national serait de renforcer ou de créer une fonction « relais » entre les régionaux et les nationaux ?

AMT

Pour moi, Oui. C’est de cette manière que l’on devient militant CFE-CGC, et qu’il y a fusion des deux ! Le secret final d’un militantisme de terrain, c’est d’avoir une personne qui fait le lien, qui reçoit, qui écoute, qui aide à la décision, qui donne des pistes de réponse et qui oriente.  J’en suis convaincue.

DJ
Si on reste sur cette conviction, comment vois-tu l’arrivée des nouveaux outils numériques ?

AMT
C’est un plus pour faire le relais, pour « vendre » le travail des fédérations aussi. Tout le monde n’est pas en avance, mais il faut développer cet outil qui répondra de plus en plus aux urgences. Cela fait partie de ce que je valorise auprès des adhérents. La preuve : je suis la référente SNC3S pour l’animation du site internet du syndicat, désormais rattaché à celui de la fédération.

DJ
Par rapport à tes propos, aurait-on un rôle comparable à une sorte de thérapeute des relations de travail selon toi ?

AMT
Je ne sais pas. Je rencontre des personnes qui ont besoin d’aide. A la base, elles entrent dans le syndicalisme quand elles ont de gros problèmes dans leur entreprise. Et elles viennent chercher de l’écoute, de la protection et des solutions… Un peu comme un diagnostic et un traitement, c’est vrai …

DJ
Dans la vie du référent syndical, est-on plutôt « thérapeute » ou « pompier » ?

AMT
S’engager c’est primordial : c’est « faire le pompier » quand il y a besoin, c’est-à-dire « éteindre un incendie ». Mais après il faut aussi « traiter les blessés ». Et c’est là, que tu leurs donnes les ficelles pour éviter d’autres incendies. Il faut donc être là quand ça ne va pas, mais aussi être là pour assurer le « service après-vente ».

DJ
Que conseilles-tu à un DS débutant pour l’accompagner dans son mandat ?

AMT
Je lui apprends à ne pas avoir peur de s’engager. A devenir militant en utilisant des outils et des services comme un professionnel de la défense syndicale. Car être militant de terrain, c’est aussi avoir des outils de « professionnel du syndicalisme ». Plus il connaitra et maîtrisera les outils de DS, plus il aura confiance en lui. Sur Marseille, l’avenir est d’organiser des formations de DS par petits groupes pour plus d’intimité. A mettre en place par le relais régional.

DJ
Dans ton schéma, on devine une zone grise entre l’accompagnement pédagogique local et la formation syndicale confédérale de la CFE-CGC. Penses-tu que les réseaux sociaux Twitter et FaceBook de la fédération, ou sa chaîne YouTube, sont des moyens de communication dédiés à l’action syndicale Santé Social, qui pourraient combler cette zone grise entre le local et le national dans notre secteur ?

AMT
TOUT-A-FAIT. Ces tutoriels vidéos qui répondent à des questions lambda, c’est faciliter l’appropriation de textes et de sujets. Le public est plus sensible à cette publication visuelle. Une explication avec un visuel interactif, qui te parle et avec lequel tu peux réagir… Ce sont des outils plus jeunes et dynamiques qui parlent à la nouvelle génération. C’est plus facile pour apprendre chez soi aussi. C’est un moyen de rentrer directement chez lui et non plus au travail, sur les panneaux d’affichage. C’est peut-être les futurs relais, plus numériques qu’humains. En tout cas, ces types d’outils peuvent pallier le manque de relais physique sur un territoire. Il faut développer ce principe, Les syndicats et la fédé ne vont pas suffisamment vers le local.

DJ
Une dernière question Anne-Marie : le groupe Com@ction a tout dernièrement établi le nouveau slogan de la fédération : « Œuvrons ensemble pour construire notre à-venir« . Comment, selon toi, ce slogan se concrétise à Marseille ?

AMT
« OEUVRONS ENSEMBLE… » oui, si on me donne des outils pour m’aider, en tant que relais pour faire face aux besoins du terrain et pour que, demain, les gens aient la force de faire face à leurs difficultés. Je pense que l’avenir est de croire que le syndicalisme positif, ça existe. On est là pour proposer des solutions, pas seulement pour dire qu’on n’est pas d’accord. L’avenir, c’est aussi travailler avec des outils de notre époque. Oui, il y a encore du boulot.

Com@ction remercie grandement le président de l’UR PACA, Monsieur Daniel PETRUCCI, le président de l’UD13, Monsieur Alain MARAIS et le personnel de l’UD13, pour leur accueil lors de son déplacement sur Marseille les 31 mai et 1er juin dernier.

Denis Jaudoin,
Conseiller Com@ction Santé Social

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