Enquête sur le secteur sanitaire et médico-social

Enquête sur le secteur médico-social du 20/09 : la CFE-CGC Santé social réagit.

Jeudi 20 septembre 2018, HOSPIMEDIA a publié une enquête faite auprès de 700 directeurs d’établissements sanitaires et médico-sociaux adhérents à la Fehap. Cette enquête met en lumière leurs nombreux motifs d’inquiétude mais aussi leurs fortes attentes pour l’avenir du secteur privé non lucratif . Forte de son implantation dans ce secteur et d’un nombre important d’adhérents en charge de la direction de ses établissements la CFE-CGC Santé Social se devait de réagir.

On retrouve à l’issue de cette enquête de la FEHAP, un certain nombre d’indicateurs d’une évolution constatée de travail de directeur d’ESSMS :

  • au cœur de l’activité de directeur dans un environnement à but non-lucratif, le travail reste plutôt choisi avec un besoin d’autonomie et de sens.
  • le directeur se trouve confronté à des limites économiques qui n’épargnent pas son secteur, avec une charge de travail excessive, la présence d’une inquiétude centrée sur la question des ressources financières.
  • la formation est conçue comme une réponse au besoin d’adaptation à l’évolution d’un environnement juridique, budgétaire, informationnel et relationnel de plus en plus complexe.

Une autre enquête publiée en 2017 par CHORUM apportait des éléments comparables, différenciant la perception des dirigeants de celle des salariés d’une qualité de vie au travail jugée plutôt positive.

Dans cette enquête, 49% des dirigeants percevaient une dégradation de leur qualité de vie au travail, pour des motifs plutôt liés aux ressources financières qu’aux effets de changements dans l’organisation, à l’inverse des salariés.

De même 33% des salariés y estimaient une reconnaissance de leurs compétences insuffisantes contre 9% des dirigeants. 73% des dirigeants contre 57% des salariés exprimaient leur liberté de faire évoluer les procédures pour travailler efficacement.

Ces écarts peuvent s’expliquer par la place occupée par les uns et les autres dans une organisation dont les clivages paraissent s’être accentués entre 2013, année de la précédente enquête QVT et 2016.

Ni dans l’enquête FEHAP ni dans celle de CHORUM, la place et le rôle des organismes gestionnaires auprès des directions d’établissement et de service n’est évaluée.

L’identité du directeur se trouve pourtant interrogée et bousculée par l’obligation qui lui est faite d’ordonner au-delà des seules de règles de gestion, l’essentiel de ses décisions quotidiennes à partir de règles de conduite et de procédures.

Cette mise en tension n’est pas sans compromettre la qualité de leur propre vie de salarié et de la perception d’une autonomie réelle à distance de leur délégation de pouvoir.

La plupart des directeurs d’ESSMS ont l’occasion de vivre les effets de ce qui s’apparente à un changement de paradigme managérial vers plus de contrôle et de normalisation.

Cette évolution n’est pas sans conséquence sur un vécu professionnel de plus en plus absorbé par la mission de plus en plus difficile à tenir, de faire vivre un projet collectif capable de prendre en compte la volonté et les intérêts de toutes les parties prenantes.

En savoir plus : retrouver l’article Hospimédia

Jean-François COFFIN, directeur d’ESSMS (CC66)

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