69% des Français estiment “inacceptable” l’idée d’un hôpital situé à plus de 30 mn de chez eux

La problématique santé et territoire était au cœur de la cinquième édition du baromètre santé 360. Si très peu de Français connaissent les futurs groupements hospitaliers de territoire, beaucoup plébiscitent le modèle une fois expliqué. La distance reste aussi un critère majoritaire de choix avec trente minutes comme seuil à ne pas dépasser.

Groupements hospitaliers“Les Français sont très satisfaits de leurs hôpitaux et sont même persuadés que [le] pays est, de loin, celui qui propose la meilleure qualité de soins en Europe.” C’est le constat issu du sondage baromètre santé 360 fait par Odoxa pour Orange et la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH), publié en partenariat avec Le Figaro santé, France Inter et avec le concours scientifique de la chaire santé de Sciences Po. Cette cinquième édition porte sur la thématique “Hôpital et territoire”. Une problématique qui se pose “avec une grande acuité” partout en Europe, est-il indiqué dans la synthèse. Très majoritairement, les Français portent un “regard très positif” sur leur système de santé en général et leurs hôpitaux, qu’ils soient publics ou privés, en particulier. 73% jugent la France comme le pays d’Europe proposant le meilleur accès à l’hôpital, loin devant l’Allemagne (17%).

Un seuil de 30 minutes

Groupements hospitaliersSur le sujet de la distance, 88% des habitants d’Europe disent qu’il leur est facile de se rendre à l’hôpital le plus proche. Neuf Français sur dix estiment d’ailleurs qu’il est facile d’avoir accès à un hôpital en matière de durée de trajet. L’hôpital le plus proche se trouve à dix-huit minutes de chez eux, estiment-ils. Pour huit sur dix, il se trouve à moins de trente minutes. “Dans l’immense majorité des cas, l’hôpital le plus proche n’est pas loin ou en tous cas ne nécessite pas un long trajet pour le rejoindre”, note Odoxa. D’ailleurs, le seuil “acceptable” indiqué par “une écrasante majorité de Français” s’établit à trente minutes. 69% des Français l’indiquent notamment. Pour autant, est-il précisé dans les résultats, la distance “n’est pas nécessairement le cœur du sujet”. Ce n’est d’ailleurs pas le premier critère de choix de l’hôpital. En France, c’est la qualité perçue de l’hôpital selon l’avis de son médecin traitant “qui constitue le premier critère de choix” (59%) davantage que la proximité (49%). Ces deux critères devancent d’ailleurs tous les autres.

Les GHT en manque de communication publique

53% des Français contre 46% et 55% des patients contre 45% préfèrent avoir accès à un hôpital potentiellement loin de chez eux, concentrant de nombreuses spécialités et pouvant traiter la plupart des problèmes de santé, plutôt que plusieurs petits hôpitaux potentiellement plus proches mais n’ayant pas toutes les spécialités ou les moyens de traiter tous les problèmes. Un résultat qui n’est pas si tranché, soulignent les commanditaires du sondage. Il s’agit, ajoutent-ils, d’une “singularité assez française” puisqu’en Europe l’arbitrage en faveur d’une centralisation est “nettement mieux assumé”. Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) restent un sujet “largement méconnu”, un Français sur trois en ayant entendu parler. “Cette réforme majeure souffre donc d’un déficit patent de communication et d’information”, est-il précisé. Ce qui est dommageable puisqu’après explication les Français se montrent “sur le principe extrêmement positifs”. Huit personnes sur dix estiment même que les GHT constituent “une bonne chose pour les patients” mais aussi : pour le système de santé en général (81% des Français), l’accès aux soins pour tous (80%), pour faire face aux déserts médicaux (80%) et pour rationaliser l’accès aux soins afin de le rendre plus efficace et moins coûteux (81%).

Enfin, 81% pensent que les nouvelles technologies pourraient avoir un impact important dans la réussite des GHT et 20% estiment “même que cet impact sera très important”. Au-delà de la problématique des GHT, est-il noté dans les résultats du baromètre, le recours aux nouvelles technologies dans le séjour à l’hôpital et pour le partage d’informations médicales est largement plébiscité. “La poussée en dynamique de ces demandes des patients” pour les nouveaux modes d’échange “est spectaculaire en un an”. Odoxa enregistre une progression de huit points s’agissant de l’usage accru d’Internet et des mails. Le portable a désormais une place centrale. Huit Français sur dix estiment que son développement apporterait plus de rapidité et plus de simplicité pour les patients et donnerait plus d’informations pour les médecins et les patients.

Source : hospimedia

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