Changer le regard sur le handicap psychique

Une pathologie
encore trop méconnue !

Touchant un nombre croissant de salariés, le handicap psychique, pourtant reconnu par la loi depuis 2005, demeure méconnu. Mobilisée au quotidien face à toutes les formes de handicap, la CFE-CGC agit pour sensibiliser, lever les freins et mieux prendre en compte cette pathologie.  

Le handicap psychique est une réalité de plus en plus tangible dans nos sociétés. Conséquence directe de troubles psychiques sévères et persistants souvent liés à des situations d’épuisement professionnel, cette pathologie va concerner 20 % des individus à l’horizon 2020 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour un nombre toujours plus important de salariés français (13 % des 2,7 millions de personnes bénéficiant de la reconnaissance administrative d’un handicap ou d’une perte d’autonomie, d’après le ministère du Travail), le handicap psychique, sans affecter les capacités intellectuelles, occasionne de multiples troubles (volonté, pensée, perception, communication et langage, comportement, humeur, conscience et vigilance intellectuelle…) nécessitant des dispositifs adaptés.

“Si la loi de 2005, relative à l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, a officiellement reconnu les troubles psychiques comme pouvant être à l’origine d’un handicap, force est de constater que la pathologie demeure relativement méconnue et toujours sujette à un certain nombre de peurs irrationnelles et d’idées reçues qui sont autant d’obstacles à l’accès et au maintien dans l’emploi, résume Chritophe Roth, délégué national CFE-CGC en charge du handicap. Pouvoirs publics, organisations syndicales, entreprises, société civile : il est urgent de prendre en compte ces situations de handicap psychique et de construire une société réellement inclusive en faveur des salariés en situation de handicap et de leurs proches.”

  • Agir sur la problématique grandissante des troubles de santé mentale liés au travail

Syndicat de l’encadrement, la CFE-CGC poursuit, sans relâche, son combat quotidien pour conseiller, assister et représenter les travailleurs handicapés et les salariés dont un proche est handicapé. Mobilisée face au développement de toutes nouvelles formes de handicap, la CFE-CGC est en première ligne sur la problématique grandissante du handicap psychique et des troubles de santé mentale liés au travail.

Cet engagement a d’ailleurs été formalisé lors de la signature, en novembre 2016, d’une nouvelle convention entre la CFE-CGC et l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph). Objectif : changer le regard sur le handicap psychique. “Je suis fier d’être le président d’une organisation syndicale qui, très tôt, a considéré le handicap comme une question clé au cœur de nos activités, confiait alors François Hommeril, président confédéral. Dans chaque territoire et chaque secteur d’activité, des militants s’engagent pour un meilleur respect des droits et de la place des personnes handicapées dans la communauté nationale. Le handicap, dont le handicap psychique, est une préoccupation constante pour notre réseau qui agit concrètement sur le terrain 52 semaines par an.”

 

  • Intégrer les pathologies psychiques dans la négociation des accords handicap d’entreprise

« Avec l’appui de son réseau de 20 référents régionaux et de 50 référents issus de ses fédérations professionnelles (métallurgie, banque, assurance, services publics, commerce et service, chimie, énergie, santé…), la CFE-CGC a mis en place divers modules de formation pour permettre de négocier des accords handicap dans les entreprises et la fonction publique en intégrant les dispositions de la loi de 2005 et en tenant compte du handicap psychique », explique Christophe Roth.

Les adhérents peuvent aussi s’appuyer sur la fiche pratique handicap psychique contenue dans le Guide handicap CFE-CGC régulièrement mis à jour, et sur une banque des accords handicap qui recense les accords pour identifier les bonnes pratiques et faire converger les compétences. La CFE-CGC s’est également dotée d’outils pédagogiques et ludiques autour du handicap : vidéos, jeux de cartes, Questions pour un champion « handicap », goodies et bandes dessinées dont la dernière mouture a été présentée le 12 décembre dernier lors d’une soirée festive de sensibilisation du handicap psychique auprès des adhérents et du grand public.

  • La CFE-CGC en première ligne au niveau national interprofessionnel

Partenaire social incontournable et acteur majeur du dialogue social au niveau national interprofessionnel, la CFE-CGC formule régulièrement aux pouvoirs publics ses grandes propositions s’appliquant à toutes les formes de handicap dont les pathologies psychiques. La CFE-CGC réitère notamment sa ferme opposition à la réduction des contrats aidés prévue par le gouvernement. Ceux-ci sont en effet un outil d’insertion professionnelle non négligeable pour les personnes en situation de handicap. Les demandeurs d’emploi handicapés figurent par ailleurs parmi les principaux bénéficiaires de ces contrats.

La CFE-CGC en appelle en outre au déploiement de l’emploi accompagné qui permet aux personnes en situation de handicap d’obtenir et de garder un emploi rémunéré sur le marché du travail. Ce dispositif fonctionne dans l’accompagnement du handicap psychique. Il faut donc favoriser la montée en compétence et la formation des professionnels de l’emploi accompagné.

La CFE-CGC préconise également un accompagnement adapté pour favoriser l’insertion professionnelle des salariés en situation de handicap afin notamment de répondre à la problématique spécifique du handicap psychique lié à l’épuisement professionnel. La CFE-CGC alerte depuis des années sur l’explosion des cas de burn-out, « ce broyeur silencieux devenu un enjeu social et sociétal majeur et dont principales victimes sont les salariés cadres et assimilés », souligne Martine Keryer, secrétaire nationale CFE-CGC.

 

  • L’indispensable reconnaissance du syndrome d’épuisement professionnel comme maladie professionnelle

« Le constat est édifiant : notre société vivant dans la culture du résultat, il faut en faire toujours plus, sans pouvoir “relâcher”, observe Christophe Roth. Beaucoup de salariés, hyperconnectés, se voient assignés des objectifs parfois inatteignables. »« Selon la Sécurité sociale, 20 % des arrêts supérieurs à six mois sont dus à des troubles psychologiques liés au travail, un chiffre énorme, relève quant à elle Martine Keryer. Voilà pourquoi la CFE-CGC milite inlassablement pour la reconnaissance du syndrome d’épuisement professionnel comme maladie professionnelle, les dispositifs actuels n’étant pas adaptés. »

*Cet article a initialement été publié dans le Magazine Personnel de l’ANDRH (n°584 ; janvier 2018).

Source: CFE-CGC

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