Le CPF peine à décoller

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Le Compte Personnel de Formation peine à décoller.

 

Seules 33.000 formations ont été financées via le dispositif lancé en janvier. Mais le rythme s’accélère pour le Compte Personnel Formation.

Quelques progrès, mais encore beaucoup à faire. Huit mois après son lancement, le compte personnel de formation (CPF), clef de voûte de la vaste réforme de la formation professionnelle, monte en charge laborieusement. Fin août, moins de 2 millions de salariés, sur 23 millions de bénéficiaires potentiels, avaient activé leur compte via le site Internet dédié. Surtout, le dispositif n’a permis de financer que 33.000 formations depuis janvier, provoquant un net coup d’arrêt du secteur. « Le marché de la formation devrait perdre 15 % de chiffre d’affaires sur l’année », alerte Jean Wemaëre, président de la Fédération de la formation professionnelle (FFP).

La philosophie du dispositif, qui permet à chaque salarié du privé de se voir créditer des heures de formation tout au long de sa vie et de les utiliser à sa guise pour monter en compétences, se reconvertir ou rebondir, est quasi unanimement saluée. Mais, à confondre vitesse et précipitation pour le lancer, l’exécutif a contribué à paralyser le système le temps que ses nombreux acteurs, pris de court, s’adaptent. Faute de financement, de recensement des formations éligibles ou encore de refonte des systèmes informatiques des financeurs, le CPF a des allures de coquille vide.

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Maître d’oeuvre, la Direction générale de l’emploi et de la formation (DGEFP) souligne toutefois que le gros du chantier touche à sa fin. Les outils informatiques se déploient et les listes des formations éligibles – elles doivent être qualifiantes et en lien avec les besoins réels et futurs de l’économie – sont quasi bouclées. « C’est au final proche de la liste du Répertoire national des certifications professionnelles », indique la DGEFP, soulignant qu’ « on bascule d’un système où la question n’est plus celle de la concordance juridique de la formation, mais celle de sa pertinence et de sa qualité ». Le choix de listes resserrées sur les formations qualifiantes pose toutefois la question de l’accès futur à nombre de formations (management, développement personnel, bureautique, etc.) qui étaient courues des salariés via l’ex-droit individuel à la formation (DIF) et ne sont plus accessibles via le CPF. L’exécutif espère que les entreprises les financeront via le plan de formation. Reste le cas particulier du bilan de compétences, que l’Etat rechigne à rendre accessible via le CPF mais sur lequel les discussions se poursuivent.

Signe d’une montée en puissance du CPF, sur les 33.000 formations validées, 10.000 l’ont été en août. L’exécutif table sur une « accélération progressive » de ce rythme. Outre d’entretenir ce décollage, le principal enjeu des prochains mois sera de convaincre les entreprises et les branches professionnelles de jouer le jeu de l’abondement au CPF, indispensable pour permettre aux salariés d’accéder à des formations assez longues pour assurer une vraie montée en compétences ou reconversion. « Cette partie est plus longue à se mettre en place, il faut encore communiquer et sensibiliser », reconnaît-on à la DGEFP.

Source :  D. P., Les Echos

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