(Le SEGUR de) La santé sans paramédicaux (ou presque) !

La première réunion concernant la mise en place du SEGUR de la SANTE a eu lieu le 25 mai devant 300 personnes.

  • Il a été annoncé que les concertations vont concerner les thèmes suivants : 
  • Transformer les métiers et revaloriser ceux qui soignent.
  • Définir une nouvelle politique d’investissement et de financement au service des soins.
  • Simplifier radicalement les organisations et le quotidien des équipes.
  • Fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers.

Deux groupes de travail ont été mis en place pour réfléchir sur les thématiques citées ci-dessus, durant sept semaines : 

  • Le “Comité Ségur national”
  • Le groupe “carrières et rémunérations”

Sont convoqués à ces groupes sous l’égide de Mme Notat, plus de 12 syndicats médicaux et organisations médicales, les grosses sections syndicales, les fédérations et associations des employeurs, la fédération nationale des étudiants infirmiers et l’ordre national des infirmiers.

Alors qu’en France les infirmiers sont 3 fois plus nombreux que les médecins, que l’ensemble des paramédicaux sont 5 à 6 fois plus nombreux que les médecins, ceux-ci sont sous représentés dans les groupes de travail, voir pour certaines professions non représentées. Quid des aides-soignants, kinésithérapeutes, cadres de santé, orthophonistes, sages-femmes, assistants sociaux, etc…

Pour la CFE-CGC, si tous les professionnels doivent travailler ensemble pour le bien des patients, ce SEGUR de l’entre soi envoie un message négatif à l’ensemble des professions paramédicales, sociales et médico-sociales.

Il s’agit du SEGUR de la santé et la CFE-CGC demande que soit entendu l’ensemble des professionnels de l’hôpital et veillera à ce que ce ne soit pas uniquement celui du service public hospitalier.

Le temps d’après sera-t-il encore le temps d’avant … ?

Les revendications portées de longue date par la CFE-CGC pour ces professionnels seront-elles enfin prises en compte ?

  • Augmentation du nombre de lits pour que plus aucun patient n’attende des journées entières sur un brancard dans les couloirs, pour que les équipes de soins n’aient plus à choisir qui peut bénéficier de soins ou doit sortir pour laisser la place à d’autres 
  • Augmentation du nombre de soignants pour améliorer les conditions des soins, notamment permettre de passer plus de temps auprès des patients pour des relations plus humaines, garantir la sécurité des soins, améliorer les conditions de travail en évitant notamment les suppressions de jours de repos, congés pour assurer les soins.
  • Locaux et matériels en qualité et quantité suffisantes.
  • Développement du champ des compétences des paramédicaux et reconnaissance de leur autonomie, de nouvelles responsabilités en ces temps de pénurie médicale et de déserts médicaux. Exigence d’une reconnaissance réelle et non d’un statut d’auxiliaire médical.
  • Développement des contenus des formations initiales, des formations continues.
  • Création de possibilités de véritables parcours professionnels au sein du système de santé pour plus d’attractivité et maintien dans l’emploi.
  • Réformer la gouvernance ARS, ANAP, Région, Territoires de santé pour plus de proximité, opérationnalité et lien avec le soin.
  • Coopération public, privé à but non lucratif ou lucratif, structures médico-sociales pour une réelle prise en compte du parcours de chaque patient au travers ses différents lieux de soins, de vie, d’accompagnement social ou médico-social.
  • Revalorisation de l’ensemble des grilles salariales.
  • Revalorisation d’au moins 300 € nets pour les infirmiers pour être dans la moyenne des salaires de l’OCDE.
  • Suppression de toutes les grilles en dessous du smic sur du long terme.
  • Inclusion des soignants dans les instances décisionnelles, participation à la gouvernance pour donner aux soignants, paramédicaux inclus, un vrai pouvoir d’influer sur les organisations. Remettre le soin et la qualité de vie au travail comme objectifs principaux et non uniquement le contrôle budgétaire.
  • Développement de moyens informatiques performants pour coordonner l’ensemble des professionnels, structures, répondre de façon automatisée aux attentes de suivi des patients, des professionnels et de l’administration, sans que ce soit aux soignants ou à l’encadrement de réaliser ce travail.
  • Réelle prise en compte de toutes les organisations syndicales.
  • Développement de la prévention, entre autres de la santé au travail et scolaire.

Les professionnels de santé souffrent depuis trop longtemps pour que ce SEGUR ne soit qu’un énième plan sans réelles conséquences les concernant.

Cette crise sanitaire a mis en évidence de nombreux dysfonctionnements qui ont été palliés par l’ensemble des personnels du système de santé, en dehors de toutes instances de tutelle, parfois au mépris de leur propre santé et intérêt, d’un sentiment d’insécurité, de surcharge de travail. En tant que professionnel de santé je ne peux qu’être fier et admiratif du travail réalisé par toutes et tous, et d’autant plus combatif pour voir l’aboutissement de nos revendications.

La CFE-CGC portera ces revendications avec votre soutien.


Jean-Albert DAUCH
Président du SNC3S CFE-CGC

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