Les partenaires sociaux rédigent des propositions sur l’attractivité de la médecine du travail

Renforcer son attractivité pour les étudiants, attirer les médecins expérimentés d’autres disciplines ou encore améliorer les capacités de recherche dans cette spécialité. Voici quelques-unes des propositions rédigées en faveur de la médecine du travail par les partenaires sociaux au sein du Conseil d’orientation des conditions de travail (Coct).

médecin du travailLes partenaires sociaux réunis au sein du Conseil d’Orientation des Conditions de Travail (Coct) ont adopté* une série de propositions pour le développement de la formation des professionnels de la santé au travail et en particulier des médecins. Face à “la situation d’urgence dans laquelle se trouve la filière”, expliquent-ils dans un communiqué ce 13 juin, ils proposent de combiner mesures d’application immédiate permettant de former d’avantage de médecins du travail et disposition à long terme pour relancer l’attractivité de la profession. En dix ans, le nombre de médecins du travail est passé de 7 000 à 5 000 et cette tendance se poursuit. Pour y remédier, un véritable plan de développement pour la formation est proposé.

Plus de postes à l’internat

“Il est nécessaire de promouvoir une médecine du travail de qualité, prenant appui sur les équipes pluridisciplinaires et rendant un service efficace au titre de l’ensemble des missions”, explique le Coct dans un document de travail. Première proposition adoptée dans ce sens : “renforcer l’attractivité de la médecine du travail pour les étudiants en médecine”. “L’annonce de la réforme du troisième cycle des études médicales, ainsi que les orientations adoptées par l’État à la suite de la grande conférence de la santé, constituent des opportunités de renforcer la filière”, note le Coct. Il propose d’ouvrir la possibilité d’effectuer des stages de deuxième cycle permettant de valoriser la médecine du travail auprès des étudiants ; d’augmenter le nombre de postes d’internes en médecine du travail effectivement pourvus, en examinant les dispositifs de nature à éviter le maintien d’un nombre élevé de postes non pourvus à l’issue des épreuves classantes nationales (ECN) ; d’insérer, dans les enseignements rénovés dans le cadre de la réforme du troisième cycle, des modules valorisant la médecine du travail auprès des futurs praticiens des autres spécialités.

médecin du travailIl convient, au-delà cette meilleure connaissance par les pairs, de les attirer aussi vers cette spécialité. La deuxième proposition du Coct est ainsi de “faciliter les conditions de reconversion de médecins expérimentés issus d’une autre spécialité médicale vers la médecine du travail”. Le Coct estime en effet que le redressement de la discipline doit s’appuyer en particulier sur le dispositif d’orientation vers la spécialité de médecins ayant déjà une expérience professionnelle, par le biais du statut de collaborateur médecin créé par la loi du 20 juillet 2011 et amélioré par la loi de modernisation de notre système de santé. “Il s’agit de tirer pleinement parti de la mise en place du statut de collaborateurs médecins en levant les derniers freins au développement de cette voie d’accès à la médecine du travail, qui est efficace et qui ne pèse pas sur les finances publiques”, détaille le Coct. Cela implique notamment de faciliter la réalisation de leurs stages qualifiants par les collaborateurs médecins et d’harmoniser leur formation théorique et pratique.

Améliorer la recherche et la formation

Pour rendre plus attractive la spécialité, il convient aussi d'”améliorer les capacités universitaires de formation et de recherches en médecine du travail”.”Certaines facultés ne disposent plus d’aucun professeur. Cette situation met en péril, à terme, la spécialité”, précise le Coct. Il estime par ailleurs que la recherche dans la discipline est un déterminant essentiel de son dynamisme. Les partenaires sociaux soutiennent en conséquence : un programme visant au développement des capacités universitaires en médecine du travail ; la nomination de professeurs de médecine du travail dans les facultés qui n’en disposent plus ; la valorisation de la recherche par la réalisation d’un bilan sur la situation actuelle et la mise en place d’une école, puis d’un parcours, doctoraux en santé au travail. Enfin, le Coct propose de mettre en place des formations facilitant la constitution d’équipes pluridisciplinaires. “Un paramètre indispensable de la qualité des services de santé au travail”, insiste-il. Concernant les infirmiers du travail, le Coct estime que leur rôle est déterminant. Il importe d’améliorer leurs conditions de formation en mettant en place des référentiels de compétences précisant leur rôle et des stages en service de santé au travail pour les élèves infirmiers. S’agissant de l’ensemble des équipes pluridisciplinaires, le Coct encourage un décloisonnement des formations. “Il importe de faire de la formation un levier de pluridisciplinarité”, écrit-il. Cela passe par la mise en place de cursus communs et de maquettes pédagogiques nationales élaborées et mises en œuvre pour l’ensemble des professionnels des services de santé au travail.

Source : HOSPIMEDIA

* Ces propositions ont été débattues et adoptées par les partenaires sociaux dans le cadre du groupe permanent d'orientation du Coct. Ce dernier est composé des organisations syndicales (CGT, CFDT, CGT-FO, CFTC, CFE-CGC) et patronales (Medef, CGPME, UPA, UNAPL, FNSEA) représentatives au niveau national interprofessionnel, de l'État et de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts).
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