Quelle conduite tenir en cas d’épidémie de grippe en EHPAD

Une épidémie de grippe peut entraîner une surmortalité au sein d’un établissement. L’élaboration de plusieurs protocoles complémentaires permet d’organiser la réponse à cette situation, ainsi que de mettre l’accent sur la prévention. Le référent grippe est au cœur de ce dispositif.

La solution

Informations mises à jour : La présente fiche pratique, initialement publiée le 18 décembre 2013, a été modifiée à partir du Guide pratique de prévention et de lutte en cas de pandémie grippale en Ehpad du Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa). Ce guide présente notamment les différentes missions du référent grippe dans l’établissement.

Afin de répondre au risque d’épidémie de grippe en Ehpad, une série de protocoles doit être élaborée et mise à disposition des professionnels : protocole d’hygiène, protocole de nettoyage et de désinfection des locaux et des chambres, protocole de procédure d’hospitalisation et de retour en établissement, protocole définissant le circuit des prélèvements à analyser lors des premiers cas de grippe, etc. Cet ensemble s’inscrit dans le cadre d’un plan de continuité de l’activité (PCA) afin de maintenir l’activité de l’établissement au niveau le plus élevé possible. Un référent grippe, nommé à l’avance, est chargé de la préparation de ce plan et de son pilotage.

Les tests de diagnostic rapide (TDR) dès les premiers cas

Le test de diagnostic rapide (TDR), à usage unique, composé d’écouvillons stériles, d’un tube à essais ou flacon, d’un diluant pour l’échantillon et d’une pipette de transfert, permet la détection qualitative des antigènes du virus Influenza (types A et B), à partir d’échantillons humains nasopharyngés. Il faut le mettre en place en période de circulation du virus, moins de 48 heures après l’apparition des premiers symptômes. L’épidémie grippale est affirmée en présence d’au moins deux cas groupés en moins de 72 heures. Le médecin qui pose le diagnostic doit informer le référent grippe ou le directeur de l’établissement afin de permettre le signalement aux autorités sanitaires.

Isolement de résidents grippés

Le résident touché par la grippe doit être isolé en chambre individuelle. Cette dernière doit être régulièrement aérée et voir ses portes maintenues fermées. Une signalétique sera instaurée au niveau de la planification murale en salle de soins, de la porte de la chambre des résidents concernés, mais également pour les dossiers patients et les fiches de transfert. Le patient concerné devra être régulièrement réhydraté et ne pouvoir sortir qu’équipé d’un masque.

Les soignants en contact avec les résidents grippés devront s’astreindre à des règles d’hygiène strictes : lavage des mains avec des solutions hydro-alcooliques en entrant et sortant des chambres, port de gants, de surblouses et de masques de soins. Une épidémie de grippe peut, en effet, toucher l’ensemble du personnel et impacter le volet organisationnel. Le référent grippe devra ainsi veiller à prioriser les tâches ainsi que prévoir l’absentéisme des personnels de restauration ou de blanchisserie. Il devra également prévoir une désorganisation des systèmes financiers (factures et paies) ou veiller à la gestion des corps.

Anticiper les besoins en matériel

Pour les résidents grippés, le traitement est d’autant plus efficace que précoce. Il perd tout intérêt s’il débute au-delà de 48 heures après le début des premiers symptômes. Une chimioprophylaxie pour les résidents ayant été en contact direct avec d’autres résidents grippés dans un espace clos, dans les cinq jours suivant les premiers signes, doit pouvoir être déployée.

Les objets ou dispositifs médicaux réutilisés ou partagés (poignées, zones d’appui des béquilles, déambulateurs, accoudoirs de fauteurs roulants) font l’objet d’une attention particulière. Leur nettoyage sera ainsi renforcé. Il en va de même pour les chambres et les sanitaires de résidents touchés par la maladie. Une prise de contact avec les fournisseurs permet d’anticiper les besoins de ravitaillement de produits. L’établissement doit ainsi disposer d’un matériel de base pour appliquer les premières mesures : tests diagnostiques virologiques, médicaments, masques de protection, solution hydro-alcooliques.

La vaccination comme prévention

La prévention de l’épidémie repose sur le respect des bonnes pratiques d’hygiène ainsi que sur la vaccination. Cette dernière concerne à la fois les résidents et les professionnels de l’établissement. Lors de l’hiver 2015-2016, la couverture vaccinale en Ehpad s’élevait, selon les chiffres du Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 11 octobre 2016, à 83% des résidents et 22% du personnel. Pour les résidents, l’établissement organise la campagne de vaccination, en lien avec les médecins traitants. La vaccination des personnels n’est pas obligatoire mais fortement recommandée par les pouvoirs publics. Une prise en charge par l’employeur du coût du vaccin est une piste avancée pour faciliter l’accès des professionnels à la vaccination.

Les documents de référence :

  • Guide pratique de prévention et de lutte en cas de pandémie grippale en Ehpad, Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées, octobre 2016 ;
  • circulaire DGS/RI1/DGOS/DGCS no 2014-316 du 17 novembre 2014 relative à la vaccination contre la grippe saisonnière dans les établissements de santé et les établissements médico-sociaux ;
  • Conduite à tenir devant une ou plusieurs infections respiratoires aiguës dans les collectivités de personnes âgées, Haut Conseil de la santé publique, rapport juillet 2012 ;
  • Plan national de prévention et de lutte « pandémie grippale » n° 850/SGDSN/PSE/PSN, octobre 2011.

Source : HOSPIMEDIA

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