Réflexions sur la sortie du confinement 

1. Préparer la reprise d’activité avec les organisations syndicales : 

Même si une recrudescence de l’épidémie n’est pas à exclure, le système de santé sort progressivement de la gestion de situations d’urgence.

La Fédération CFE-CGC doit mener une réflexion sur : 

  • les mesures à appliquer dans la perspective du déconfinement, 
  • le suivi de la santé et de la sécurité des salariés, 
  • le financement des structures et la valorisation des métiers de la santé. 

Ces réflexions doivent étayer notre stratégie pour les mois à venir. 

2. Le financement des structures : 

Nous devons peser afin d’assurer la pérennité des établissements et des emplois : 

  • Identifier les établissements en difficulté financière du fait des surcoûts et des baisses de recettes liées à la crise. Notamment dans le secteur social et médico-social. On estime, par exemple, une chute d’activité de 30% à 40% dans l’aide à domicile. (-300M€ de manque à gagner). Dans ces structures :

– Le maintien des dotations et des financements régionaux et départementaux doit être assuré, les surcoûts doivent être pris en charge par l’état et les collectivités locales. 

– Il est à craindre que, après la crise, le nombre de cession et de fusions d’établissements s’accélère. Ceci au détriment des emplois. 

  • Intégrer que, du fait des mesures prises par le gouvernement, l’ONDAM 2020 passera de +2,4% à +6,5% soit un déficit pour la Sécurité Sociale de 41Md€. Comment sera géré ce déficit ? Actuellement portés par l’ACOSS (Agence Centrale de Organismes de Sécurité Sociale), ils pourraient être transférés à la CADES (Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale) qui est financé par le CRDS. Cet organisme perdurera alors au-delà de 2024, date initialement prévue pour l’apurement de la dette sociale. Les contribuables ne doivent pas assumer ce déficit, les salariés ne doivent pas le supporter. 

3. La sécurité des salariés : 

En première ligne, nos entreprises ont subi l’impréparation des pouvoirs publics et le manque de matériel de protection. Elles ont également été en première ligne pour mettre en place, parfois avec les moyens du bord, les mesures barrières pour se protéger et protéger les patients. 

Il n’en demeure pas moins que les métiers de la santé ont probablement été très touchés par le virus. Si on annonce déjà un taux de contamination cinq à six fois supérieur à celui de la population, on constate également une véritable omerta du gouvernement sur le nombre de professionnels de la santé qui ont été infectés (ce sont des salariés comme les autres !!!), mais les retours de terrain, notamment dans les EHPAD sont alarmants. La reconnaissance en maladie professionnelle pour tous les salariés, et non pas uniquement pour tous les soignants, tombés malades dans le cadre de leurs activités doit être effective. 

Il faut également apporter des précisions sur le rôle central des médecins du travail dans la sortie de crise : 

  • Doivent-ils donner des recommandations, préciser les modalités pratiques, pour une levée idéale du confinement :
  • Mise en place de tests sérologiques, PCR ou salivaires : pour quels types de salariés, à quelle fréquence ? 
  • Si ces tests sont mis en place : quelle confidentialité des résultats, quelles prises de décision, et par qui, sur l’isolement des personnes atteintes ? 
  • D’autres questions connexes sont posées :

Qui doit, financièrement, prendre en charge les tests ? 

Quelle place peut (doit) jouer le CSE dans l’encadrement du processus ? 

  •  

4. La reconnaissance des salariés : 

L’implication des personnels des structures sanitaires, sociales et médico-sociales, publiques comme privées, doit être reconnue. Les primes : PEPA, Covid-19, doivent être attribuées à l’ensemble des salariés, sur l’ensemble du territoire. Les délégués syndicaux doivent pouvoir s’appuyer sur des recommandations claires de la part de notre organisation. Lors des NAO les marges de manoeuvre dégagées lors de la conférence salariale ne doivent pas être imputées du montant de ces primes. 

Il n’en demeure pas moins que le problème de fond de la revalorisation des métiers de la santé et de l’amélioration des conditions de travail doit être rapidement traité. Notre Fédération doit faire pression sur le ministère de la santé afin que ce dossier s’ouvre rapidement. 

Sur ces sujets, comme sur d’autre points qui vous semblent devoir être traités à l’occasion de la sortie de confinement dans les établissements de santé et de soins, n’hésitez pas à nous interpeller et à nous donner votre avis. 

 

Xavier DEHARO 

Président de la Fédération 

CFE-CGC Santé Social 

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