Sans les salariés, le chemin qui mène à la transition énergétique et à la COP 21 sera long !

Si l’engagement des entreprises et des politiques s’avère essentiel à la réussite de la prochaine conférence mondiale sur le climat, la CFE-CGC considère que le combat contre le dérèglement climatique, la mobilisation pour la COP 21 et la transition énergétique ne doivent pas oublier des acteurs essentiels : les salariés, qui sont aussi citoyens et consommateurs.

Au cours du Business and Climate Summit qui vient de s‘achever, les entreprises ont fait la promotion de leurs engagements dans la lutte contre le dérèglement climatique, de leur mobilisation pour la réussite de la COP 21 mais aussi d’une finance climato-responsable qui désinvestit les énergies fortement carbonées. La CFE-CGC salue ce volontarisme de la part d’acteurs qui détiennent une part importante de la solution et qui intègrent de plus en plus l’action climatique dans leurs stratégies de long terme.

Conférence mondiale du climatConvaincue de la nécessité d’engager la transition vers une économie bas-carbone, la CFE-CGC voit dans la réduction en 2014 de 4,4 % des émissions européennes de CO2 et les engagements pris par près de 40 États des signes encourageants. Mais l’objectif de limiter à 2°C le réchauffement climatique impose d’aller plus loin. Et les pistes que défend la CFE-CGC ne manquent pas, entre un véritable signal prix du carbone incitant les acteurs économiques à intégrer dans leurs stratégies la nécessité de réduire les émissions de CO2, l’économie circulaire réduisant la consommation de matières premières, l’innovation dans les technologies sobres en carbone préparant les filières industrielles, la priorité donnée à l’efficacité énergétique et aux secteurs les plus émetteurs comme les transports ou l’investissement climato-responsable.

Pour atteindre cet objectif, l’engagement des entreprises et des politiques ne saurait suffire. La mobilisation des citoyens et en particulier des salariés doit être reconnue comme une part essentielle de la solution. Ce sont les salariés qui peuvent vérifier de l’intérieur que cette nouvelle responsabilité climatique des entreprises n’est pas qu’un discours assimilable à du greenwashing climatique au service de leur image. Ils peuvent aussi, via les leviers de la gouvernance et du dialogue social, engager leur entreprise dans cette voie. C’est dans leur quotidien de salariés et de citoyens, qu’ils peuvent développer des comportements soucieux du climat, dans leurs déplacements, sur leur lieu de travail ou dans leurs modes de consommation. Et ce sont les premiers concernés par les transitions professionnelles induites par la croissance verte.

Au moment où les députés viennent de voter la loi sur la transition énergétique, la CFE-CGC rappelle que la réussite de la COP 21 passe aussi par l’exemplarité gouvernementale. En négligeant dans cette loi le 1er secteur émetteur de CO2 qu’est le transport, en y affichant des objectifs de rénovation inaccessibles car non financés et en envisageant dans la programmation pluriannuelle de l’énergie des scénarii qui substituent du nucléaire par des énergies renouvelables subventionnées par les consommateurs pour un gain carbone nul voire négatif, le gouvernement a encore quelques efforts à faire. Sans oublier le développement des bus de la loi Macron dont la cohérence avec une politique de transports climato-exemplaire ne saute pas aux yeux au moment où le député Duron donne l’alerte sur la politique ferroviaire du pays.

Beaucoup appellent à un changement de logiciel dans le combat climatique qui fasse davantage de place au long terme, à la régulation et à la coopération. Convaincue que ce combat ne se résume pas à une question de business ou de diplomatie, la CFE-CGC compte bien rappeler dans les mois à venir le rôle central des salariés.

Source : CFE-CGC

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