“Si la prime Ségur médicale m’était contée’’ épopée syndicale en 6 actes…

Acte 1 : ‘’ Non reconnaissance de notre mission  de service public ‘’

En octobre 2020, les accords du Ségur de la santé appliqués au secteur public sont déclinés dans le secteur privé non lucratif sous la forme d’une indemnité forfaitaire mensuelle de 183E nets pour tous les personnels non médicaux des établissements sanitaires (ESPIC) et des EHPAD.

Cependant, contrairement aux praticiens du public, les professionnels médicaux (médecins, pharmaciens et biologistes) du dit -secteur, sont délibérément exclus de toute revalorisation salariale.

Acte 2 : ’A engagement égal , Salaire égal’’

L’UNMS (union nationale des médecins salariés) CFE-CGC met en place une intersyndicale « oubliés médicaux du Ségur » et revendique au travers de différentes actions nationales (courriers aux ministères concernés et aux parlementaires , conférences de presse, pétition en ligne…) une équité de traitement avec leurs collègues du secteur public.  Notre délégation est reçue au ministère de la santé, suite au rassemblement parisien du 18 décembre… Parallèlement, les fédérations patronales concernées (FEHAP et Unicancer) s’unissent pour faire pression sur les pouvoirs publics en mettant en avant le risque de perte d’attractivité médicale du secteur privé non lucratif…

Acte 3 :  ‘’Je vous ai compris !’’

En mars 2021, Jean CASTEX déclare  lors d’un déplacement en région, que les professionnels médicaux des ESPIC seront prochainement revalorisés dans le cadre du Ségur de la santé…

Acte 4 :  ‘’la FEHAP n’a rien compris…’’

Début Avril, le Ministère de la santé confirme le déblocage d’une enveloppe financière sous couvert de la conclusion d’un  accord national de branche, fixant les modalités d’attribution de cette prime pour les fédérations concernées.

Unicancer négocie en quelques jours un accord instaurant une répartition égalitaire pour tous les praticiens des CLCC (+513E nets/mois)…

En revanche la FEHAP décide de négocier une prime dite de ‘’contributions et de compétences’’, laissant ainsi l’entière liberté aux directeurs d’établissements  de fixer les modalités de versements en fonction de critères librement choisis… Début de négociations paritaires tendues au cours desquelles, la CFE-CGC, fort de son audience auprès des professionnels médicaux défend, tout comme FO et la CGT une part fixe >75%  (+ 300 à 400E nets/mois avec effet rétroactif au 1er juin 2021)

Seule la CFDT cède au chantage de la FEHAP et signe un accord permettant aux directeurs d’établissements  de réserver 50% du financement pour une rémunération des praticiens  ‘’à la carte’’ 

Acte 5 :  ‘’ retour à la case départ ’’

La CFE-CGC, rejointe par FO et la CGT lance un processus d’opposition majoritaire qui bloque l’agrément de l’accord après 2 mois de négociations sous l’égide du chantage social …

Devant cet échec, la FEHAP se déclare pour ce dossier aux ‘’abonnés absents’’ lors de la dernière  CPPNI du 29/06 en refusant de nous informer de leur position  … Nous attendons, de ce fait, l’arbitrage du ministère afin de débloquer cette situation qui pénalise l’ensemble des médecins, pharmaciens et biologistes de notre secteur…

Acte 6 : ‘’et si l’on anticipait la fin ?’’

Faites pression , dès maintenant, sur vos directions,  en proposant l’ouverture  d’une négociation dans chaque établissement, d’un accord  collectif  d’entreprise  instaurant une  prime égalitaire pour  tous  les praticiens, qui soit calculée au seul prorata temporis et ceci dès que les notifications du financement seront effectives…. 

Il en va de la cohésion du corps médical au  sein de nos structures, qui pourrait être rompue en cas de répartition inéquitable, avec pour conséquence un effet  inverse à celui recherché  sur l’attractivité médicale des ESPIC concernés. Argument à transmettre aux autres OSR pour les inciter à la signature

Les dernières actualités